Lors de son audition du 7 juillet 2014 par une commission du Conseil Economique et Social Régional d’Ile-de-France consacrée à la question du logement en Ile-de-France, Christian Favier, a rendu public une série de propositions pour un Grand Paris du Logement et de l’Emploi.

Des trois grands objectifs du SDRIF (relance des investissements dans les transports publics, de la construction de logement, rééquilibrage est-ouest habitat-emploi), il constate que seul les transports publics ont connu des avancées majeures.

Pour lui : « tout reste à faire pour le logement et le rééquilibrage habitat-emploi. La pénurie de logements ne cesse de s’aggraver, avec une hausse dramatique et malheureusement historique des prix à la vente et à la location. L’emploi se polarise toujours plus à l’ouest de l’Ile-de-France mais les élus et les populations n’acceptent plus la création de banlieues dortoirs, avec la construction importante de logements dans les territoires où l’emploi se raréfie ». Pour Christian Favier : « Nous avons contribué de façon décisive au lancement du Grand Paris des Transports, il est urgent d’obtenir aussi un Grand Paris du Logement et de l’Emploi ».

Il a proposé des mesures concrètes concernant l’action foncière, l’aide aux maires bâtisseurs, la localisation de l’immobilier d’entreprise, le maintien de l’activité productive en zone dense, alimentées par des financements dédiés, comme cela a été le cas pour le Grand Paris des Transports.

Christian Favier a proposé que ces financements soient trouvés via l’utilisation de leviers fiscaux pour mettre à contribution l’immobilier vacant ou sous-utilisé (création d’une taxe additionnelle sur les logements vacants, d’une taxe sur les bureaux vacants et d’une taxe sur les résidences secondaires). Les territoires ayant profité à plein de la spéculation immobilière doivent également être mis fortement à contribution via une taxe additionnelle aux taxes foncières et d’habitation sur l’immobilier privé dans les villes ayant moins de 15% de logements sociaux. L’EPFIF ou le CRHH auraient vocation à gérer ces moyens.



Pour Christian Favier, Président du Conseil Général du Val de Marne :

«L’engagement de ce Grand Paris du Logement et de l’Emploi est urgent, et nettement prioritaire par rapport aux débats sans fin sur la gouvernance et la métropole, qui ne pourront résoudre la pénurie de logements en Ile-de-France, sujet qui ne peut être traité qu’à l’échelle de la région tout entière».

  • L’action foncière : le foncier public de l’Etat et de ses opérateurs doit être mobilisé par des cessions égales au maximum au prix d’achat initial. Pour inciter à la mise en valeur de grandes parcelles privées sous-utilisées, il est proposé de les soumettre à la taxe foncière bâtie.

  • La localisation de l’immobilier d’entreprise : une réforme des taux et zonages de la redevance pour création de bureaux est indispensable pour arrêter le toujours plus de bureaux dans l’ouest de la zone dense, et redynamiser l’emploi en grande couronne et dans l’est, le sud et le nord de la petite couronne.

  • L’aide aux maires bâtisseurs : on ne relancera pas la construction sans que les collectivités aient les moyens de financer les équipements publics nécessaires. Une aide évaluée à 10 000 € par logement semble indispensable.
  • Le maintien de l’activité productive et le développement d’une filière logistique vertueuse du point de vue environnemental doit devenir l’une des missions du nouvel Etablissement Public Foncier d’Ile-de-France, dont l’action sera étendue à court terme à l’ensemble de la région.
  • Des Financements doivent être mobilisés à la fois pour l’aide aux maires bâtisseurs, pour le financement du logement social (construction et réhabilitation), pour donner plus de moyens à l’EPFIF et financer les grandes opérations d’aménagements indispensables à la relance de la construction. L’échelle d’un milliard d’euros de ressources nouvelles par an est pertinente.